La FIERE publie la première édition du Baromètre industriel de la filière des réseaux électriques

ven 30/10/2026 - 11:55
Fondé sur les réponses de plus de 300 entreprises ou groupes membres de l'association FIERE (Filière industrielle des entreprises des réseaux électriques), ce premier Baromètre industriel dresse un état des lieux inédit de la filière et de sa capacité à répondre aux besoins de la grande électrification. Cet outil partagé vise à mesurer les faits, anticiper les points de vigilance et orienter les actions collectives nécessaires à la réussite des programmes inédits d'investissements sur les réseaux.

Une photographie inédite de la filière

Face à l'ampleur des investissements attendus dans les réseaux électriques au cours des prochaines années, et dans le cadre du plan d'électrification lancé par le Gouvernement au printemps 2026, la FIERE a souhaité disposer d'une vision claire de l'état de sa filière.

Ce travail constitue le premier bilan consolidé de la filière des réseaux électriques à l'échelle nationale. Il couvre l'ensemble de la chaîne de valeur, de la fabrication à l'installation des équipements, au cœur d'un secteur qui compte près de 1 600 entreprises, plus de 120 000 emplois et 150 sites industriels en France.

Le baromètre a vocation à être renouvelé régulièrement afin de suivre l'évolution de la filière et d'accompagner son organisation dans la durée.

Une filière solide face aux défis de l'électrification de la France

Le premier enseignement est que les industriels se sont préparés à l'augmentation des besoins. Les investissements engagés ces dernières années ont permis de renforcer les capacités de production sur une large partie de la chaîne de valeur : plus de 200 milliards d'euros d'investissements sont en cours de déploiement par les gestionnaires de réseau RTE et Enedis, auxquels s'ajoutent les investissements engagés par les entreprises locales de distribution (ELD) et les autorités organisatrices de la distribution d'électricité (AODE).

Cette dynamique s'inscrit dans une course mondiale à la modernisation des réseaux électriques. D'ici 2040, près de 80 millions de kilomètres de lignes devront être construits ou remplacés dans le monde, selon l'Agence internationale de l'énergie, illustrant l'ampleur des besoins et l'intensité de la compétition internationale pour développer les capacités industrielles nécessaires.

Pour accompagner cette montée en puissance, les industriels des matériels et des câbles investissent en moyenne 180 M€ par an dans leurs outils de production en France et les entreprises de travaux et les prestataires investissement, quant à elles, 375 M€ par an, représentant un potentiel d'investissements cumulés de 8 à 12 Md€ d'ici 2040.

Plusieurs points de tension demandent cependant une attention particulière, notamment la sécurisation des approvisionnements de plusieurs composants stratégiques : cuivre, aluminium, tôles magnétiques, isolants, semi-conducteurs de puissance.

Un des grands défis est celui des compétences, commun à beaucoup de filières industrielles, qui s'impose comme la principale préoccupation des entreprises. Entre 2025 et 2030, la filière estime qu'elle devra recruter près de 43 000 personnes sur ses métiers cœur afin d'accompagner la montée en puissance des réseaux électriques.

Les difficultés de recrutement concernent l'ensemble de la filière, près de 81 % des employeurs faisant état de difficultés fortes ou critiques. Elles touchent particulièrement les métiers techniques, notamment celui de monteur de réseaux électriques. Cette pénurie sur le terrain s'accompagne de fortes tensions sur l'encadrement intermédiaire (chefs de chantier, conducteurs de travaux) et l'amont des projets (techniciens de bureaux d'études, projeteurs). La disponibilité de ces compétences conditionne directement la capacité des entreprises à transformer les schémas directeurs en chantiers concrets.

Enfin, la réussite de l'électrification passera par une stabilité réglementaire française et européenne et une visibilité de long terme sur les dispositifs de soutien public ainsi que sur les trajectoires énergétiques.

Marianne LAIGNEAU, présidente du directoire d'Enedis et présidente de la FIERE, a déclaré : « Ce premier baromètre le montre : notre filière industrielle est prête à relever le défi de la Grande électrification de la France. Elle investit, développe les compétences et prépare dès aujourd'hui les capacités industrielles dont notre pays aura besoin demain. Pour transformer cette mobilisation en réussite collective, une condition est essentielle : s'appuyer sur un cap énergétique stable et une visibilité de long terme. »

La synthèse du baromètre et la version complète de ce dernier sont disponibles en ligne sur le site de la FIERE : Association FIERE – Filière Industrielle des Entreprises des Réseaux Électriques

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