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Lorsqu’une canicule s’installe, rien ne semble bouger en ville : pas de vents violents, pas d’arbres arrachés, aucun spectacle visible comme lors d’une tempête ou d’une inondation. Pourtant, la chaleur s’accumule ailleurs. Jour après jour, faute de fraîcheur nocturne, l’asphalte emmagasine la chaleur et la diffuse en continu. Elle s’infiltre dans les galeries techniques où circulent les câbles électriques alimentant nos logements.
À quelques mètres sous terre, la température monte et met à l’épreuve câbles, jonctions et équipements, sollicités en permanence. Le réseau électrique se heurte alors à un ennemi discret : une chaleur persistante qui empêche le refroidissement du matériel. Un isolant fragilisé, une jonction sursollicitée, un câble qui n’évacue plus assez la chaleur peuvent déclencher des protections automatiques qui coupent l’alimentation afin d’éviter un incident plus grave.
En surface, une coupure « par beau temps » peut surprendre. En réalité, cette chaleur piégée transforme le sous-sol en zone de tension thermique, aux effets bien concrets sur nos infrastructures.
On pourrait penser que c’est la campagne, avec ses grandes étendues, qui souffre le plus des fortes chaleurs. Pourtant, c’est l’inverse.
En zone urbaine :
Partout en France la majorité du réseau est disponible en permanence. C’est une performance exceptionnelle, mais qui exige une vigilance de chaque instant. On ne parle pas ici de quelques kilomètres, mais, par exemple pour une ville comme Paris, d’un réseau tentaculaire de 10 000 km de lignes électriques, dont la moitié en moyenne tension (HTA). La chaleur affecte d’abord ces réseaux enterrés, invisibles depuis la surface, mais essentiels à chaque instant de votre vie quotidienne.
Lorsqu’un incident lié à la chaleur apparaît, c’est une course contre la montre qui démarre.
Notre objectif : rétablir 90% des clients en 48 heures en cas d’incident climatique majeur sur le réseau ;
Contrairement à une ligne aérienne, où l’on voit immédiatement une rupture, un câble souterrain… ne se voit pas.
Il faut donc scanner le sol, à l’aide d’un Camion de Recherche de Défaut, équipé de détecteurs haute précision. Ces engins identifient le point exact où la panne s’est produite.
Sans cette étape, impossible d’intervenir sans creuser des dizaines de mètres inutilement.
Une fois le point localisé, nos équipes travaillent avec des terrassiers pour ouvrir la route. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est délicat :
Les équipes remplacent la boîte de jonction ou le tronçon du câble endommagé.
C’est un travail minutieux, souvent réalisé dans un espace très restreint.
Avant de réalimenter, nous devons :
Une fois ces étapes validées : la réalimentation peut se faire.
Lors des canicules les plus intenses, il peut y avoir plusieurs défauts en même temps, voire des incidents en cascade.
C’est là que la technologie de “réseaux maillés” prend toute son importance : elle permet, dans de nombreux cas, d’acheminer l’électricité par un autre chemin et de limiter l’impact pour vous.
Sur le terrain, lors d’aléas climatiques, nos techniciens interviennent dans des conditions extrêmes. Quand il s’agit d’une canicule on peut citer :
Ce sont des opérations techniques complexes, dans des lieux parfois étroits, exposés, ou soumis à des contraintes de sécurité élevées. Bien sûr, nous mettons tout en œuvre pour que nos techniciens puissent vivre au mieux ces situationsdifficiles : pauses fraicheurs régulières, vêtements adaptés, distribution d’eau etc.
À l’heure où les aléas climatiques se multiplient — tempêtes, orages violents, neige collante en montagne, crues, et canicules intenses — nous renforçons en continu le réseau d’électricité. Notre mission : assurer la distribution d’’électricité partout où cela est de notre ressort, pour tout le monde, même lors de ces épisodes climatiques extrêmes. C’est un travail de fond, technique, exigeant… et souvent invisible.
Les projections climatiques montrent que les canicules seront plus fréquentes, plus longues, plus intenses et plus précoces ou tardives. Cela nécessite un réseau plus “intelligent” (capteurs, pilotage à distance), des matériaux plus résistants aux fortes températures, une organisation capable d’agir vite et des investissements massifs et continus.
Pour rendre le réseau plus robuste face aux fortes chaleurs :
Chaque année, plus d’1 milliard d’euros est consacré à la résilience du réseau.