Canicule : pourquoi les fortes chaleurs peuvent provoquer des pannes de courant

Publié le 03 avril 2026
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Quand la canicule frappe, vous le sentez immédiatement : dans les transports, dans la rue, et chez vous. Mais ce que vous ne voyez pas, c’est ce qui se passe sous vos pieds, dans les galeries où se trouvent les câbles du réseau électrique. Là, les températures grimpent encore plus haut qu’à la surface, mettant nos installations à rude épreuve. Et parfois, cela peut se traduire par une coupure de courant.

Quand ça surchauffe aussi sous nos pieds

Lorsqu’une canicule s’installe, rien ne semble bouger en ville : pas de vents violents, pas d’arbres arrachés, aucun spectacle visible comme lors d’une tempête ou d’une inondation. Pourtant, la chaleur s’accumule ailleurs. Jour après jour, faute de fraîcheur nocturne, l’asphalte emmagasine la chaleur et la diffuse en continu. Elle s’infiltre dans les galeries techniques où circulent les câbles électriques alimentant nos logements.

À quelques mètres sous terre, la température monte et met à l’épreuve câbles, jonctions et équipements, sollicités en permanence. Le réseau électrique se heurte alors à un ennemi discret : une chaleur persistante qui empêche le refroidissement du matériel. Un isolant fragilisé, une jonction sursollicitée, un câble qui n’évacue plus assez la chaleur peuvent déclencher des protections automatiques qui coupent l’alimentation afin d’éviter un incident plus grave.

En surface, une coupure « par beau temps » peut surprendre. En réalité, cette chaleur piégée transforme le sous-sol en zone de tension thermique, aux effets bien concrets sur nos infrastructures.

Pourquoi les villes sont plus exposées ?

On pourrait penser que c’est la campagne, avec ses grandes étendues, qui souffre le plus des fortes chaleurs. Pourtant, c’est l’inverse.
En zone urbaine :

  • le réseau est presque intégralement souterrain,
  • les rues sont recouvertes de goudron ou de béton,
  • les matériaux gardent la chaleur beaucoup plus longtemps,
  • le phénomène “d’îlot de chaleur urbain” accentue tout.

Partout en France la majorité du réseau est disponible en permanence. C’est une performance exceptionnelle, mais qui exige une vigilance de chaque instant. On ne parle pas ici de quelques kilomètres, mais, par exemple pour une ville comme Paris, d’un réseau tentaculaire de 10 000 km de lignes électriques, dont la moitié en moyenne tension (HTA). La chaleur affecte d’abord ces réseaux enterrés, invisibles depuis la surface, mais essentiels à chaque instant de votre vie quotidienne.

Ce que nous faisons dès que la panne survient

Lorsqu’un incident lié à la chaleur apparaît, c’est une course contre la montre qui démarre.
Notre objectif :  rétablir 90% des clients en 48 heures en cas d’incident climatique majeur sur le réseau ;

1. Le diagnostic : trouver l’endroit exact du défaut

Contrairement à une ligne aérienne, où l’on voit immédiatement une rupture, un câble souterrain… ne se voit pas.
Il faut donc scanner le sol, à l’aide d’un Camion de Recherche de Défaut, équipé de détecteurs haute précision. Ces engins identifient le point exact où la panne s’est produite.
Sans cette étape, impossible d’intervenir sans creuser des dizaines de mètres inutilement.

2. L’ouverture de la chaussée

Une fois le point localisé, nos équipes travaillent avec des terrassiers pour ouvrir la route. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est délicat :

  • il faut sécuriser la zone,
  • gérer la circulation,
  • protéger les riverains,
  • intervenir dans des conditions parfois très chaudes, à proximité de matériaux porteurs de chaleur.

3. La réparation

Les équipes remplacent la boîte de jonction ou le tronçon du câble endommagé.
C’est un travail minutieux, souvent réalisé dans un espace très restreint.

4. Les tests et la réalimentation

Avant de réalimenter, nous devons :

  • vérifier la conformité électrique,
  • sécuriser l’ensemble,
  • faire les essais nécessaires.

Une fois ces étapes validées : la réalimentation peut se faire.

5. Et si plusieurs incidents surviennent simultanément ?

Lors des canicules les plus intenses, il peut y avoir plusieurs défauts en même temps, voire des incidents en cascade.
C’est là que la technologie de “réseaux maillés” prend toute son importance : elle permet, dans de nombreux cas, d’acheminer l’électricité par un autre chemin et de limiter l’impact pour vous.

Ça chauffe aussi pour nos équipes !

Sur le terrain, lors d’aléas climatiques, nos techniciens interviennent dans des conditions extrêmes. Quand il s’agit d’une canicule on peut citer :

  • 40°C voire plus, à l’ombre,
  • des chaussées brûlantes,
  • le matériel chauffé par le soleil,
  • le sol qui restitue la chaleur accumulée,
  • des interventions longues et en profondeur.

Ce sont des opérations techniques complexes, dans des lieux parfois étroits, exposés, ou soumis à des contraintes de sécurité élevées. Bien sûr, nous mettons tout en œuvre pour que nos techniciens puissent vivre au mieux ces situationsdifficiles : pauses fraicheurs régulières, vêtements adaptés, distribution d’eau etc.

Et demain ? Anticiper les canicules à venir

À l’heure où les aléas climatiques se multiplient — tempêtes, orages violents, neige collante en montagne, crues, et canicules intenses — nous renforçons en continu le réseau d’électricité. Notre mission : assurer la distribution d’’électricité partout où cela est de notre ressort, pour tout le monde, même lors de ces épisodes climatiques extrêmes. C’est un travail de fond, technique, exigeant… et souvent invisible.

Les projections climatiques montrent que les canicules seront plus fréquentes, plus longues, plus intenses et plus précoces ou tardives. Cela nécessite un réseau plus “intelligent” (capteurs, pilotage à distance), des matériaux plus résistants aux fortes températures, une organisation capable d’agir vite et des investissements massifs et continus.

Pour rendre le réseau plus robuste face aux fortes chaleurs :

  • nous renforçons les équipements sensibles,
  • nous modernisons les boîtes de jonction,
  • nous installons des capteurs pour anticiper les risques,
  • nous multiplions les outils de prévision
  • nous investissons massivement dans la résilience thermique.

Chaque année, plus d’1 milliard d’euros est consacré à la résilience du réseau.